Djokovic, vers une année historique ?

Joueur au talent unique, sportif reconnu par ses pairs et homme avec un grand cœur, Novak Djokovic fait déjà partie du panthéon du tennis mondial, mais les années à venir pourraient bien être celles de tous les records.

Des débuts en Serbie à l’Open d’Australie

Au commencement, il y a un petit garçon serbe, fils de skieurs reconvertis dans la restauration, qui se découvre une passion pour le tennis et qui commence à taper dans la petite balle jaune à l’âge de cinq ans.

Dans un pays alors en pleine guerre, le petit Novak ne fait que jouer, jouer et jouer au tennis avec l’ambition de devenir un jour un joueur professionnel. Dans sa tête, il sait qu’il n’y a qu’une voie pour s’en sortir et qu’il doit tracer son propre chemin alors il s’entraîne dur et ne lâche rien.

Très vite, le petit Novak est repéré pour son talent et ses aptitudes exceptionnelles raquette en main. Ses parents décident alors de tout sacrifier pour qu’il puisse vivre son rêve de devenir professionnel. Mais en Serbie, il est difficile à cette époque de réussir sans grands enseignants et sans grande formation. Il part donc à 12 ans en Allemagne et plus précisément à Munich pour rejoindre l’Académie de Nikola Pilic, ancien joueur professionnel yougoslave. Sa formation là-bas lui permet de passer pro à l’âge de 16 ans durant l’année 2003. Personne ne le sait encore mais un joueur hors du commun vient de faire son apparition sur le circuit.

Sa carrière commence alors par les tournois juniors où il montre déjà sa propension à toucher les hauteurs avec une demi-finale en simple et en double à l’Open d’Australie juniors. Les débuts sur le circuit principal auront lieu pour lui lors de la saison 2005-2006. Âgé de 17 ans, il est alors classé 188ème au classement ATP. Djokovic fait ses premiers pas et apprend des plus grands et surtout des défaites tournoi après tournoi. Il réalise également des coups d’éclat et commence à montrer une partie de son talent mais de façon encore aléatoire.

Et puis arrive l’année 2008 qui va être celle de la consécration et de l’explosion au plus haut niveau avec son premier titre en Grand Chelem à l’Open d’Australie après avoir éliminé Roger Federer en demi-finale et mis fin à ses 10 finales consécutives en Grand Chelem. Le Serbe remporte la finale et devient le premier joueur de son pays, hommes et femmes confondues, à remporter un tournoi majeur. Il finira l’année à la 3ème place mondiale après avoir remporté le Masters. Il connaîtra des années 2009 et 2010 plus contrastées mais ne perdra jamais confiance en lui et en son jeu.

La machine se met en route

C’est grâce à cette confiance et à un mental à la puissance hors-normes que Novak Djokovic va se transformer en machine à titre et joueur imbattable à partir de l’année 2011. Lors de cette année, il va montrer au reste du circuit ainsi qu’au grand public qu’il est devenu le maître incontesté du tennis mondial en remportant l’Open d’Australie, Wimbledon et l’US Open. C’est une année pleine de records pour le Djoker qui bat le record de gains cumulés sur une saison mais également le premier à gagner 5 Masters 1000 sur une saison depuis leur création en 1990. Djokovic finit l’année 2011 à la 1re place mondiale avec un bilan hallucinant de 70 victoires pour seulement 6 défaites.

Le début du règne est donc entamé pour le Serbe qui va empiler les victoires et les titres de 2011 jusqu’en 2017. Écrasant la concurrence sur le circuit tout en restant humain avec parfois des défaites surprenantes, Novak Djokovic trône très souvent à la 1re place mondiale, ne la perdant que durant quelques semaines à chaque fois avant de la reprendre.

Les plus belles années de ce règne se déroulent en 2015 et 2016 avec des exploits retentissants aux yeux du monde tennistique à commencer par 2015. Au cours de cette saison, il réalise pour la 2ème fois le petit Chelem en gagnant à Melbourne, Londres et New York, il établit le record de titres en Masters 1000 sur une saison, obtient son 5ème Masters et surtout conclut son année avec le record du plus grand nombre de points ATP jamais atteint en fin de saison avec 16585 points. C’est une année en or et là où beaucoup de joueurs auraient pu décompresser et baisser en intensité, Djokovic va faire tout l’inverse en entamant sa saison 2016 pied au plancher pour s’offrir une 2ème année totalement dingue. Il s’offre un 6ème Open d’Australie pour égaler Federer et Emerson au palmarès des plus grands vainqueurs du tournoi.

Roland Garros, longtemps hors de portée

Victorieux de 3 des 4 Grand Chelem, il lui manque toujours Roland Garros pour faire partie des plus grands et son objectif numéro 1 est donc le tournoi de la Porte d’Auteuil. Il y arrive armé d’une envie débordante et va réaliser le tournoi parfait pour enfin s’imposer en finale et devenir le 8ème joueur de l’ère Open à avoir gagné les 4 tournois du Grand Chelem. Mais là où le Serbe est encore plus fort, c’est qu’avec cette victoire il réalise le Grand Chelem sur deux saisons en ayant gagné consécutivement Wimbledon, l’US Open, l’Open d’Australie et Roland-Garros. À ce moment-là, beaucoup se disent que le Serbe va réaliser le Grand Chelem sur une année mais il est stoppé au 3ème tour à Londres, à la surprise générale, et voit donc son rêve de Grand Chelem s’envoler. Sa fin d’année sera bonne sans être éclatante avec une finale à l’US Open mais aussi la perte de sa 1re place mondiale, finissant l’année en numéro 2 chose qui n’était plus arrivé depuis 2013.

Djokovic commence donc 2017 avec de l’envie et l’objectif de retrouver sa 1re place mondiale mais très vite il va déchanter en s’inclinant au 2ème tour de l’Open d’Australie, ce qui n’avait plus été vu depuis 2006 soit une éternité. On se dit alors que le Serbe connaît des problèmes et la suite de l’année donnera raison aux observateurs car Djokovic traîne une blessure au coude qui l’empêche de jouer à son meilleur niveau dans les tournois. Il s’incline en quart de finale à Roland-Garros et les inquiétudes sont de plus en plus nourries à son sujet jusqu’à la mauvaise nouvelle qui tombe à Wimbledon. Arrivé en quart de finale, le Serbe doit abandonner à cause de cette blessure au coude persistante et décide dans la foulée de mettre un terme à sa saison pour se soigner. En arrêtant en plein milieu de saison, Djokovic sait qu’il sortira du top 10 et la réalité prend forme à la fin d’année où il finit à la 12ème place du classement, une première depuis 2007.

2017-2018, cycle compliqué

Le public se dit alors que Djokovic va revenir, retrouvera son niveau comme Nadal et Federer ont su le faire précédemment mais le début d’année 2018 va montrer un Djokovic en totale perdition avec une élimination en 8ème de finale de l’Open d’Australie et une dégringolade qui n’en finit plus. C’est alors que le tournant de sa saison et peut-être bien de sa seconde carrière de joueur post-blessure va avoir lieu. Djokovic renoue avec son coach de toujours, Marian Vajda, qui va lui faire retrouver très vite son niveau monstrueux de ses années historiques.

Après une élimination difficile en quart de finale de Roland-Garros, Djokovic ne sait pas s’il va s’aligner sur herbe mais décide finalement de s’y rendre et le résultat en sera époustouflant. Personne n’ose en croire ses yeux tellement la renaissance de Djokovic sur herbe est éblouissante. Il remporte de nouveau un tournoi en s’imposant à Wimbledon et retrouve une seconde jeunesse et surtout une énorme envie de jouer. Il va enchaîner en allant gagner le Masters 1000 de Cincinnati, le seul qui manquait à son palmarès et devenir le premier joueur à avoir remporté au moins une fois chaque Masters 1000. De cette façon, Djokovic entre un peu plus au panthéon des plus grands joueurs professionnels.

Il continue sa folle remontée au sommet en s’imposant à l’US Open pour glaner son 2ème Grand Chelem de suite et égaler Pete Sampras au classement des plus grands vainqueurs de tournois majeurs. Il continuera sa moisson de titres en s’imposant à Shanghai et s’inclinera en finale de Paris-Bercy et du Masters mais à la suite du forfait de Rafael Nadal pour le tournoi des Maîtres, il est assuré de retrouver la 1re place mondiale, chose que personne n’aurait imaginée en début de saison.

2018-2019, retour au haut niveau

Tout le monde sait alors que le Serbe est bel et bien de retour, qu’il est au sommet de sa forme et la seule question qui se pose est comment Djokovic va entamer 2019 et si oui il va s’imposer à l’Open d’Australie. Après un tournoi commencé doucement mais sérieusement, le Djoker est monté crescendo pour finir en total rouleau compresseur et essoré Nadal en finale en 3 sets secs d’un match qui n’aura duré que 2 heures et 4 minutes. C’est la consécration pour le Serbe qui devient le 1er joueur à réaliser 3 fois le petit Chelem ce qui représente un grand exploit dans l’histoire du tennis.

Numéro 1 incontesté en ce début d’année 2019, Djokovic voit de nombreux records et exploits à sa portée pour le reste de la saison mais aussi pour les années à venir, à commencer par le Grand Chelem sur 2 années consécutives s’il parvient à remporter Roland-Garros au mois de juin. Réussir 2 fois dans sa carrière un Grand Chelem serait quelque chose de monumental mais impossible n’est pas Djokovic comme il a pu le prouver par le passé !

Un des autres exploits qu’il pourrait réaliser est le Grand Chelem calendaire en allant gagner Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open, ce qui le placerait au panthéon du tennis, juste à côté de Rod Laver qui est le seul à l’avoir réalisé en 1969. Il est très difficile d’aller gagner les 4 tournois à la suite compte tenu de la fatigue physique et mentale que chacun occasionne mais Djokovic a prouvé à tous que le physique qui avait fait de lui la terreur du circuit pendant 6 ans était bel et bien de retour. Et au niveau de son mental, chacun sait qu’il est de loin le joueur au plus grand mental et qu’il ne craque que très rarement sous la pression, démonstration en a encore été faite lors de la finale face à Nadal. Il est d’ailleurs le grand favori de Wimbledon et de l’US Open et 2ème derrière Nadal pour Roland-Garros au niveau des cotes sur les Grand Chelem 2019.

Le tennisman pourrait vivre une grande année 2019 en réalisant ce Grand Chelem, ce qui ferait de lui également le 1er joueur multi titré sur chaque tournoi majeur mais il garde aussi dans un coin de sa tête quelques autres records qu’il pourrait battre dans les années à venir. Le record ultime serait bien sûr, pour lui, le nombre de Grand Chelem gagné, record détenu par Roger Federer avec 20 titres et il paraît très probable qu’il puisse y arriver dans les années qui viennent.

Il pourrait également battre le record de semaines passées en tête du classement ATP qui est également détenu par Federer avec 310 semaines. Djoko en est à 236 et il faudrait donc qu’il maintienne son niveau au top jusqu’à 2020 mais rien n’est impossible pour lui et il se pourrait très bien qu’il y arrive. Si tel était le cas, il deviendrait alors le plus grand tennisman de tous les temps et il ne lui manquerait que la médaille d’or pour avoir un palmarès au firmament du tennis mondial. Ce qui tombe bien, c’est que les Jeux Olympiques ont lieu en 2020 à Tokyo.. Le Serbe a donc encore de beaux objectifs à viser dans les deux prochaines années pour devenir le GOAT de son sport et il n’a pas fini d’émerveiller le monde de la petite balle jaune. À l’instar de Nadal et de Federer, le Serbe paraît avoir retrouvé une deuxième jeunesse et c’est toute la planète tennis qui n’en est que ravie.

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